08.07.2015 : Djeralar Miankeol a été condamné à deux ans de prison ferme

Message du 08.07.2015 de Martin Petry : M. Djeralar Miankeol a été aujourd’hui condamné par le tribunal de Moundou à deux ans de prison ferme et 100.000 FCA d’amende. Je n’ai pas encore des communiqués et déclarations mais je vais partager avec vous ce que j’ai pu comprendre au téléphone ainsi que quelques voies des amis.

La journée à Moundou :

  • Le verdict a étonné tout le monde car la peine dépasse ce que le procureur a demandé. C’est le maximum de la peine possible pour outrage à magistrat au Tchad. Les arguments pertinents des avocats et les manquements graves au niveau de la procédure n’ont pas été prise en considération.

  • Les avocats ont difficilement réussi à faire ramener M. Djeralar à l'hôpital pour prendre le traitement. M. Djeralar risque d'être ramené à la maison d'arrêt dans les prochaines heures ou jours. Heureusement jusqu’à ce soir il a pu rester à l’hôpital. Nous craignons pour  la vie de M. Djeralar s’il est conduit à la prison et donc le plus urgent pour le moment est qu’il  puisse rester à l’hôpital.

  • Les avocats ont fait enregistrer au greffe de ce Tribunal la déclaration d'appel contre ce jugement. Il espèrent que le juge rédigera assez tôt sa décision de manière à ce que les avocats puisse faire communiquer le dossier à la Cour d'Appel de Moundou pour son appréciation.

  • Les vacances judiciaires commencent le 15 Juillet il parait. Il est à craindre que le dossier ne soit pas traité par le cours d’appel avant les vacances.
  • Les OSC et les avocats ont fait un point de presse pour présenter au  publique ce qui s’est passé à la maison du citoyen. « Le collectif des avocats, le CADH et le comité de crise de Moundou ont organisé conjointement une conférence de presse pour dénoncer le comportement du président du tribunal par rapport à la condamnation de Djeralar qui remet en cause la justice au Tchad. Le droit n'a pas été dit et le verdict de ce procès a pris l'allure d'un règlement de compte. C'est un signal envoyé aux OSC comme quoi elles ne peuvent pas compter sur la justice pour les protéger. Mais ce comportement vient tout au contraire renforcer la synergie entre les OSC qui continueront la lutte jusqu'à ce que triomphe la justice et la vérité. »
  • Certains paysans voulaient venir des villages pour assister au procès et déclarer leur solidarité avec Djeralar qui les a assister depuis 2014. Il s’agit principalement des paysans de  Boualiba, Canton ANDJI,  Sous-Préfecture de DOGUINDI, paysans qui ont particulièrement souffert sous les injustices et l’accaparement de leurs terres par des éleveurs-commerçants. En venant, bien avant d’entrer à Moundou, ces paysans ont  été violenté,  dispersé, une  des véhicules loués a été confisqué et d’autres ont été arrêté y inclus le secrétaire  du Chef de Canton parce qu’on leur reproche de vouloir attaquer la justice.

 

Quelques voix de Moundou :

  • Cette condamnation a 2 ans d'emprisonnement ferme, le maximum de la peine qu'encourt le coupable d'outrage à magistrat, est incompréhensible. Appliqué à un délinquant primaire qu'est Djeralar, cette peine remet en cause toutes les pratiques judiciaires dans notre pays. Alors qu'il est en possession du dossier médical de Djeralar, ce Tribunal vient de prouver qu'il n'a aucun sens d'équité. C'est du coup une provocation à l'égard de tous ces agriculteurs qui ne peuvent ni semer ni récolter depuis des années et pour qui Djeralar a pris sur lui la responsabilité de se battre.
    Le procureur, lors de l'audience avait requis 18 mois d'emprisonnement et 100.000 , francs d'amende mais aujourd'hui le juge a tranché en prenant la peine maximale fixée à 2 ans d'emprisonnement et 100000 francs d'amende. Ce n'est plus la justice mais règlement de compte.

  • Nous avons, cependant, une crainte. Compte tenu  de l'État de santé de Djeralar fragile, nous craignons que cette condamnation vienne aggraver sa santé. Ce procès est un procès d'intention visant à  faire taire les défenseurs des droits de l'homme. Que l'opinion internationale se mobilise pour faire pression sur le gouvernement pour éviter une situation fatale à notre ami.

  • L’objectif de cette affaire est de faire taire une voix qui dérange afin de permettre la spoliation des terres des paysans. Je viens d’apprendre que les paysans qui ont pris le véhicule pour venir à l’audience ont été arrêtés et frappés à l’entrée de Moundou et en train d’être pourchassés dans le reboisement avoisinant. Ce n’est donc pas fortuit.  Il nous faut une plus grande mobilisation, aussi bien de l’élite que de la masse paysanne. La lutte sur le  plan judiciaire doit se poursuivre mais il faut absolument qu’elle soit couplée à la mobilisation de la population.

  • Cette situation est grave et nécessite un élargissement de l'action au front politique car il s'agit clairement de la manifestation d'une volonté politique tendant à museler des citoyens qui osent hausser la voix. En fait, que disent nos parlementaires ? Que disent ceux-là que les populations ont élu comme représentants ? Nous avons besoin d'un écho de ceux-là pour mobiliser politiquement à l'extérieur.

  • La mobilisation des députés est une chose, sans doute importante. Mais celle des Tchadiens en général, de la diaspora ou de l'intérieur est capitale. Il faut que partout les forces vives réagissent et inondent littéralement le gouvernement des communiques exigeant la libération de l'activiste Djeralar.

  • Nous avons dès le départ, avec l’arrestation du Chef de Canton de Tilo, cherché à impliquer quelques élus du peuple du Logone Occidental mais les réactions ont été très timides face à ce qui arrive à leurs électeurs. Ce n’est sans doute pas une raison pour se décourager. On pourra continuer à les approcher ; il y aura certainement quelques-uns d’entre eux qui pourront nous appuyer. Mais je me dis qu’il faut également une plus grande mobilisation de l’élite comme cela a été le cas avec le Code Pastoral. Avec le retrait du Code Pastoral, on croit avoir gagné pourtant le travail de transformation des plaines agricoles de la zone méridionale en pâturages se poursuit inlassablement. C’est le fond du problème et il faut que les gens le comprennent. C’est la question d’existence des populations de la zone méridionale d’une manière générale que cette condamnation veut occulter.

Un autre update demain avec des propositions d’action j’espère.

 

Amicalement,
Martin

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